Santé mentale et Big Tech
- jean.tschopp
- 21 mars
- 6 min de lecture
La concentration du pouvoir des géants de la tech déployée à travers les réseaux sociaux et l'IA isole et affecte notre santé mentale en particulier chez les plus jeunes. Cette emprise appelle des réponses politiques. Retour sur la Session de printemps 🌱 du Conseil national (02-20.03.2026).

Trois pré-ados sont assis dans un parc. C'est le printemps. Il fait beau. Assis côte à côte, chacun est absorbé par son écran. Ils ne se voient pas, ils ne se regardent pas. Autour d'eux il se passe plein de choses. L'économie de l'attention nous rend inattentif aux autres. Personne n'est épargné: jeunes et moins jeunes.
Le Conseil fédéral a mis en consultation un avant-projet de loi sur les plateformes de communication et les moteurs de recherche. Pourtant, pas un mot sur la santé mentale.
C'est la raison pour laquelle, je dépose une motion avec le soutien d'élus de plusieurs groupes «Protéger la santé mentale des jeunes face aux géants des plateformes de communication». Le défilement infini et les algorithmes enferment les utilisateurs dans des bulles en favorisant les contenus clivants. Mon initiative demande:
-d'assurer une évaluation indépendante des risques systémiques des très grandes plateformes de communication pour la santé mentale des utilisateurs
-d'instaurer des mesures de protection de la santé mentale des utilisateurs reposant sur une évaluation indépendante et assorties de sanctions en cas de manquements.
Le 3 mars 2026 l'initiative Internet lancée par Guido Fluri avec des représentants de plusieurs groupes politiques demande de combattre la pédocriminalité, les violences sexuelles, la cybercriminalité et la désinformation. La lutte contre la pédocriminalité est indispensable et ces mesures incluent l'intelligence artificielle.
📰 Ma réaction à lire dans Le Temps du 17.03.2026. Malgré un comité transpartisan, l'initiative «Internet» ne fait pas l'unanimité
Reste que les problèmes de santé mentale et de protection des mineurs causés par les très grandes plateformes de communication sont trop importants pour être ignorés. La souveraineté numérique mérite d'être défendue.
Iran. Éviter les coupures d'accès à Internet
En Iran, le régime des mollahs isole sa population en la privant d'accès à Internet. Les massacres perpétrés par le corps des gardiens de la révolution, les tortures et détentions arbitraires interviennent en toute opacité. La résistance est sous pression. Quant à la diaspora, elle est privée de toute nouvelle de leurs proches en Iran.

Dans une motion au Conseil national, je demande que le Conseil fédéral se coordonne avec l'Union européenne et ses États partenaires afin de combattre les coupures d'Internet et la répression numérique par des mesures ciblées.
Le Conseil fédéral est chargé de renforcer les programmes qui permettent à la société civile des États concernés d'accéder à l'information et à la communication de la manière la plus sûre et la plus résiliente possible notamment en soutenant la lutte contre les coupures d'Internet et en encourageant les canaux d'information indépendants.
L'Iran n'est pas le seul pays concerné. Quelle que soit la population, l'accès à Internet est essentiel pour s'informer, échanger et interagir. Priver sa population d'accès à Internet est une atteinte grave à un droit fondamental. La promotion du respect des droits humains, de la démocratie et le soulagement des populations dans le besoin font partie des axes prioritaires de la Suisse en matière d'affaires étrangères (art. 54 al. 2 Cst.).
La Suisse réaffirmait à l'issue du Sommet mondial sur la société de l'information en décembre 2025 que l’espace numérique doit rester ouvert, inclusif et respectueux des droits humains.
Ne pas oublier Gaza
Les exigences du gouvernement Netanyahou de transmission du nom du personnel local actif dans l'humanitaire ont conduit 37 ONG à quitter la Palestine ou à l'envisager. La destruction des infrastructures à Gaza et un cessez-le-feu fragile rendent l'aide humanitaire indispensable. L'action humanitaire réclame neutralité et indépendance (Convention de Genève IV protégeant les civils).

La guerre n'est pas terminée. L'engagement humanitaire de la Suisse réclame de dénoncer les exactions et d'exprimer notre solidarité avec le peuple palestinien.
Neutralité active et respect du droit international
Après la victoire contre l'initiative UDC s'attaquant aux médias du service public, l'initiative du 14 juin de ce même parti dénonçant les bilatérales, l'initiative pour la neutralité perpétuelle complète l'offensive du parti conservateur. Le peuple suisse votera en fin 2026.
Le Parlement s'est clairement prononcé contre cette initiative qui priverait la Suisse de toute reprise de sanction comme elle l'a fait contre la Russie de Poutine depuis le déclenchement de sa guerre d'agression contre l'Ukraine.
La neutralité ce n'est se recroqueviller au fond de son lit. Elle est à mettre en perspective avec les engagements qui sont ceux de la Suisse en matières d’affaires étrangères et qui sont aux aussi inscrits dans notre Constitution (art. 54): coexistence pacifique entre les peuples, respect du droit international, promotion des droits humains et soulagement des populations dans le besoin.
La neutralité ce n’est pas permettre aux autocrates de commercer en toute impunité en fermant les yeux sur leurs exactions. La neutralité c’est aussi une vigilance. Elle ne doit pas être invoquée pour faire des affaires avec les tyrans.
Soutien aux familles d'accueil de réfugiés
Après le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’hébergement privé est devenu un pilier de la politique officielle d’accueil des personnes réfugiées en Suisse et a permis d’éviter la saturation du système d’asile.
Les familles d'accueil apportent un soutien essentiel à l'arrivée des réfugiés et favorisent leur intégration. Les familles aident à l'apprentissage de la langue et facilitent l'adaptation des personnes réfugiées par un travail de care. Ce contact direct facilite l'intégration des personnes réfugiées quelle que soit leur origine. Le rôle des familles d'accueil est central et complète les prestations fournies par les autorités.

Une étude conjointe de 2024 de la Haute école spécialisée bernoise, de la Haute école de Lucerne et de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) réalisée sur la base d'entretiens avec des familles d'accueil ainsi qu'avec des personnes venues d'Ukraine souligne la charge mentale des familles d'accueil qui se sont beaucoup investies et le besoin de mesures d'accompagnement pour les soutenir.
Dans un postulat, je demande au Conseil fédéral d’examiner l’opportunité de mesures de soutien aux familles d'accueil de réfugiés (mesures d'accompagnement) et de présenter un rapport à ce sujet.
Guerre et handicap
La guerre en Ukraine a entraîné une augmentation massive du nombre de personnes vivant avec un handicap. Les estimations actuelles suggèrent qu’entre 5 et 6 millions de personnes pourraient aujourd’hui vivre avec un handicap, notamment à la suite de blessures liées au conflit. Environ 1,8 million de personnes en situation de handicap parmi lesquels de nombreux enfants nécessitent actuellement une assistance humanitaire selon l'ONG Handicap International.

Dans ce contexte, les programmes d’aide humanitaire, de reconstruction et de développement doivent intégrer l’inclusion des personnes en situation de handicap, en garantissant l’accès aux infrastructures et aux services. C'est le sens d'une interpellation que je dépose au Conseil national.
Non au racisme et à l'antisémitisme
Les actes racistes et antisémites (📈+36% en 2025) sont en hausse. On assiste à une augmentation des violences et des intimidations. Les autocrates légitiment le recours à la violence. La Suisse reste un des derniers pays parmi ceux qui nous entourent à permettre la vente publique de symboles néonazis.
🏛️ Je suis intervenu au Conseil national avec mon collègue Olivier Feller pour empêcher cela et présenter le projet de loi demandé par le Parlement. Un projet de loi du Conseil fédéral qui tarde à venir.
Dans ce climat outrancier, il est essentiel que la Suisse prenne ses responsabilités pour combattre le racisme et s’engage sur ce terrain.
📰 À lire dans le quotidien 24 heures sous la 🖊️ de Nina Devaux
Deux très mauvais signal pour notre accès aux soins 👩🏻⚕️
Cette session de printemps a été marquée encore par deux très mauvais signaux pour notre accès aux soins:
Le relèvement par le Conseil fédéral de la franchise minimale de fr 300 à fr 400 qui dissuadera encore plus d'assurés de se faire soigner. C'est déjà le cas d'une personne sur cinq parmi les personnes âgées. Une consultation s'ouvre jusqu'au 22 juin 2026 et montrera sans doute le vent d'opposition contre ce projet.
Le vote d'une majorité du Conseil national de l'initiative parlementaire Bäumle (VertLib/ZH) demandant de facturer fr 50 aux patients dont le traitement ne requiert pas une hospitalisation. Un demande qui dissuadera plusieurs patients de se faire soigner en aggravant leur état de santé.
À tout bientôt pour vous parler de l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions !» ou plutôt «Initiative du Chaos». Une initiative à combattre car elle conduirait notre pays dans une impasse. Nous voterons le 14 juin 2026 🗳️
Prenez soin de vous :)





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