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NON à l'initiative de l'impasse ⛔ !

  • jean.tschopp
  • il y a 8 heures
  • 3 min de lecture

Rarement une votation en Suisse n'a autant capté l'attention. Le 14 juin 2026, c'est vous qui déciderez de l'avenir du pays en vous prononçant sur l'initiative UDC «Pas de Suisse à 10 millions» ou plutôt «Pas de Suisse à 9.5 millions» alias l'initiative du chaos. Explications 🔎




Que prévoit l'initiative ?


La population suisse résidante permanente ne devrait pas dépasser 10 millions d'habitants avant 2050. Après 2050, chaque année, le Conseil fédéral pourrait adapter, par voie d'ordonnance, le nombre d'habitants en fonction de l'accroissement naturel, mais pas pour d'autres raisons, comme la guerre en Ukraine, par exemple. Avant 2050, si la population résidante atteignait 9,5 millions d'habitants, le Conseil fédéral et l'Assemblée fédérale prendraient des mesures en matière d'asile et de regroupement familial pour assurer le respect de la valeur limite de 10 millions.


Le Conseil fédéral devrait présenter un projet de loi à 9,5 millions d'habitants déjà. Nous sommes actuellement 9 086 000 habitants. Autour de 2031, le Parlement pourrait donc déjà devoir débattre des traités à dénoncer. Notre pays serait très vite isolé.


Quels sont les effets de l'initiative ?


L'effet le plus tangible de l'initiative est la dénonciation de l'Accord sur la libre circulation des personnes, qui interviendrait 2 ans après le dépassement de la limite de 10 millions ; une obligation directement applicable. Avec la clause guillotine, les accords bilatéraux appartiendraient au passé. Quant aux Bilatérales III, ce serait un accord mort-né.


Au moment de l'acceptation de l'initiative populaire «Contre l'immigration de masse», le Parlement avait pu se contenter d'un accès anticipé aux offres d'emploi pour les chômeurs indigènes en évitant de dénoncer l'Accord sur la libre circulation des personnes. Cette fois, ce ne serait pas possible, il n'y a pas de plan B.


La résiliation de cet accord aurait pour conséquence le retour au statut précaire de saisonnier. Les partenaires sociaux ont insisté sur la pénurie de personnel qui s'accentuera encore ces prochaines années. D'ici 2035, il manquera 460 000 équivalents plein temps sur le marché suisse du travail. Le secteur des soins et des EMS est un de ceux qui seraient les plus affectés par l'initiative, a fortiori, vu le vieillissement de la population.


Dans les hôpitaux, près d'un tiers du personnel soignant est étranger ; dans les EMS, c'est pratiquement la moitié. La pénurie s'aggraverait, avec l'acceptation de l'initiative, en s'étendant à des secteurs entiers dépendant largement de personnel étranger, dans l'industrie, la construction, l'hôtellerie, la restauration, par exemple.


Comment financer nos retraites ?


Les structures d'âge et les taux de natalité sont essentiels pour la durabilité. Ces questions auraient dû être clarifiées avant la fixation d'un seuil arbitraire à 9,5 ou 10 millions d'habitants.


Un plafond à 9,5 millions nous priverait de population active et de jeunes travailleurs étrangers. Le recul de la population en âge de travailler pourrait être déjà de 5 pour cent en 2035. La majorité des immigrés ont entre 20 et 39 ans. Ils compensent le vieillissement de la population. Les travailleurs européens sont des contributeurs nets d'impôts qui participent au financement de notre AVS. Le recours aux travailleurs étrangers est le meilleur moyen de compenser le départ à la retraite des baby-boomers.


Au fond, qui garder, qui refuser, qui renvoyer, comment faire le tri ?


La gestion d'un plafond à 9,5 millions ou 10 millions est bureaucratique et laborieuse. La majorité de la commission en a abondamment débattu et le redoute. Le scénario d'une croissance démographique sans fin est incertain. Depuis 2022, le taux de natalité en Suisse est de 1,2 enfant par femme, toutes populations confondues. Il n'a jamais été aussi bas.


En cas de diminution de la population, qui reprendre et dans quel ordre ?


Là aussi, rien n'est simple. L'initiative déploierait ses effets rapidement tout en les installant dans la durée avec un carcan dont nous ne pourrions pas nous défaire.


🗳️ Non merci !


L'initiative UDC intervient dans un contexte géopolitique très instable. Les États-Unis malmènent notre pays avec le coût des F-35 et les droits de douane. Les guerres que l'on pensait révolues se multiplient. Nous avons tout intérêt à resserrer nos liens avec nos voisins.


L'initiative «Pas de Suisse à 10 millions», ou à 9,5 millions, c'est choisir l'isolement dans un contexte déjà fragile. Le 14 juin 2026, c'est vous qui aurez le dernier mot. Chaque jour qui nous sépare de la votation a son importance.


La sécurité plutôt que le saut dans le vide, miser sur nos forces plutôt que s'aventurer dans une impasse.


Pour aller plus loin




 
 
 

(c) 2026, Jean Tschopp

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